Né le 9 février 1933 dans la région de Détroit Michigan, berceau historique de l’industrie automobile américaine, Richard Dean Sawitskas allias Dick Dean est mort en Californie du Sud le 10 juillet 2008. Après des études à dominante artistique, Dean intégra l’école de commerce Ford, poussé par une irrésistible ambition de devenir désigner au sein de la marque. C’est au sein de la concession Nash de son père Vic que Dick acquit les techniques de réparation de la carrosserie, même si l’absence totale de créativité de ce métier l’affligeait. En fait, les travaux « sérieux » (remplacement d’éléments soudés, pose d’étain, etc…) étaient sous-traités à l’extérieur, chez un petit artisan nommé… Bill Hines (un autre customiseur de renom!). Hines va autoriser le jeune Dean à le regarder travailler et va lui transmettre une grande partie de son savoir-faire, de ses tours de mains. Après une délocalisation en Californie, un passage par le très prestigieux Art Center College of Design de Pasadena où il apprend sous l’égide du designer Strother MacMinn, une parenthèse guerrière en Corée en tant qu’opérateur radio, un retour dans le Michigan, Dick Dean rencontre George Barris en 1959, à l’Autorama de Détroit. Là, Dean présente Orange Peel, une Ford 57 farcie de détails qui attirent l’œil exercé du « Maître » : « Si tu passes par Los Angeles, viens me voir, j’aurais du boulot pour toi » promet Barris. Dean intègre la fine équipe en avril 60 pour $175 la semaine. Au bout de trois ans, il s’installe à son compte, se spécialisant dans les show cars, les châssis et les carrosseries aérodynamiques pour le dragster (pour un certain Mickey Thompson notamment) n’hésitant pas à se glisser lui-même derrière le manche, sur le dragstrip de Lions par exemple ou encore les voitures de séries TV comme Le Frelon Vert (The Green Hornet) ou The Monkeemobile. Dean est un véritable touche-à-tout capable d’élaborer de surprenants Dune Buggies à partir de plateformes de Cox raccourcies et de carrosseries en polyester de chez Meyers Manx ou l’ensemble des véhicules extravagants du film Death Race 2000 de 1975. Au terme d’une longue et belle carrière, Dick Dean a acquis la réputation de l’homme qui a top-choppé plus de 1000 voitures (!) dont au moins 300 Mercury ’49-51 : ceci lui valut le titre de Sultan of Chop, et c’est sa toute dernière réalisation en la matière que vous pouvez découvrir dans le dernier numéro de Rod et Kustom magazine, la Merc’ 50 de Jim Neffl.
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